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Le Théâtre Arlequin a été créé en 1956 par José Brouwers et une poignée d’amis
comme lui passionnés de théâtre. La jeune troupe s’installe à Liège dans
le quartier populaire du Laveu. Maurice Destenay, alors échevin de
l’instruction, met à sa disposition une salle d’école. D’année en année,
les spectacles se succèdent jusqu’en 1969. A l’automne de cette année-là,
Arlequin aménage une première salle rue Rutxhiel, à l’ombre de St-Christophe.
C’est un théâtre de poche qu’étrenne « Le chandelier » d’Alfred de Musset
joué par Christiane Eppe et Thierry Enckels. Une seconde salle verra le jour
dans le même bâtiment en 1976. Et c’est Claire Servais qui l’inaugurera en
jouant une adaptation des « Chansons de Bilitis » de Pierre Louÿs.
Au Laveu, pour un public de quartier, le Théâtre Arlequin joue des ouvrages
classiques : Molière, Shakespeare, Regnard, Corneille, Feydeau, Goldoni,
Lesage, Congreve mais fait découvrir aussi Garcia-Lorca, René Clair, Jean
Cocteau, tout en mettant à l’affiche les auteurs à la mode : Anouilh, Achard.
La compagnie participe à des joutes provinciales ou nationales, jouant Mérimée,
Ugo Betti, Cervantès, Alejandro Casona. Elle remporte quatre fois le Trophée
Royal d’Art dramatique à Bruxelles. Le Théâtre National l’invite dans ses murs
pour jouer « Don Juan ».
Dès 1964, José Brouwers suit de plus loin l’activité de son théâtre dont
il reste parfois le metteur en scène. Il est appelé à diriger le Théâtre Royal
du Gymnase, d’abord aux côtés de Charles Joosen, puis seul en 1974 et 1975.
La troupe va prendre une orientation nouvelle. Désertion du Laveu,
installation d’abord au Boulevard de la Sauvenière dans un bâtiment qui va être
exproprié puis finalement dans le quartier St-Gilles. Découverte des auteurs
nouveaux : Ionesco, Billetdoux, Eduardo Manet, Dubillard. Essai de comédies
musicales : « L’opéra de quat’sous », « Si jamais je te prince »,
« Le chinois ». Plus tard « Ulysse au pays des merveilles » et « Arlequin
superstar ».
Dès la fin de l’année 75, le Gymnase étant voué à la démolition, José Brouwers
professionnalise le Théâtre Arlequin. Et le premier spectacle de cette ère
nouvelle est une mordante satire de Voltaire : « Candide ». C’est l’époque où
Arlequin sillonne les routes d’ici et d’ailleurs avec des spectacles pour
les jeunes adolescents : « Lettres de mon moulin », « Le petit prince »,
« Un farceur nommé Molière ». C’est aussi le temps du café-théâtre avec
Wolinski, Reiser et nombre d’humoristes contestataires. On voit le théâtre
liégeois aller se promener en France, en Allemagne, aux Pays-Bas, en Suisse et
plus récemment en Turquie.
Sous l’impulsion de Jean Brumioul, Arlequin réveille les traditions liégeoises
de la satire locale avec des cabarets, des revues, des évocations jusqu’à
la série des « Café liégeois ».
La compagnie participe aux grands évènements de la cité : « Ils sont fous,
ces liégeois »(Millénaire de la Principauté), « Monsieur Franck viendra
ce soir »(Centenaire de César Franck), « Simenon, fils de Liège ».
Le Théâtre Arlequin a participé quatre fois au Festival du Jeune Théâtre.
Il a fêté ses cinquante ans en produisant avec l’O.R.W. « Le bourgeois
gentilhomme » qui fut un évènement.
Partagé entre le plaisir de divertir un public très large en lui offrant
les succès de rire comme « Le dîner de cons », ou « C’est encore mieux
l’après-midi » et le bonheur de servir de beaux textes comme « Ma vie avec
Mozart », de Schmitt ou « Les invités du Docteur Klaust » de Fraçois Perin,
le Théâtre Arlequin fête en 2010 les soixante ans de scène de son fondateur
et toujours dynamique animateur.
Jean Brumioul, président de l’a.s.b.l. « Théâtre Arlequin » a évoqué dans
un bel ouvrage édité en 2006 par la Province de Liège les 280 spectacles
produits par la compagnie de 1956 à 2006.
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